Charmante petite bourgade rattachée à la ville de Rimouski, Pointe-au-Père est un site très important dans l’histoire maritime du Bas Saint Laurent et plus largement du Québec. Cette petite pointe de terre avancée sur la mer a été, pendant plus de 200 ans,  le centre névralgique de la navigation maritime au Québec.

pointe au père phare

La naissance et la vocation du site

Les eaux du Saint-Laurent sont réputées dangereuses et difficiles à naviguer, c’est pourquoi dès le 18ème siècle les navires qui traversent le fleuve sont obligés de s’arrêter aux stations de pilotage pour embarquer un pilote spécialisé qui les aidera dans leur traversée. La première station de pilotage est implantée au Bic en 1859 où on y construit un premier phare. Il faudra attendre 1906 pour que la station soit déplacée à Pointe-au-Père, et 1909 pour y voir le phare qui s’y dresse encore aujourd’hui.

Le site historique de la Pointe-au-Père est né d’un projet commun de plongeurs passionnés par le naufrage de l’Empress of Ireland. C’est en 1980 qu’ils ont commencé à exposer les vestiges du navire pour les partager au plus grand nombre. Les bâtiments et les infrastructures s’y sont développés au fil des années pour devenir le lieu par excellence pour s’imprégner, connaître et découvrir l’histoire maritime de la région.

Le phare

Marie-Michèle nous attendait au pied du phare, après quelques explications sur l’historique de ce monument il était temps d’avaler les 128 marches pour rejoindre le sommet. Les escaliers sont assez étroits et, si on est sensible aux hauteurs et espaces clos, cela peut être un peu suffoquant. Cela dit le panorama en vaut la peine, la petite cabine offre une vue à 360° sur le fleuve Saint-Laurent et Pointe-au-père. Le prisme qui faisait office de lumière en impose tout autant que la vue !

phare pointe au pere

Une fois encore un membre du personnel est présent pour expliquer le fonctionnement du phare, on apprend alors que le gardien devait chaque jour nettoyer toutes les parties vitrées que ce soit du prisme mais aussi de la cabine puisque le système d’éclairage fonctionnait, entre autre, grâce à la vapeur de pétrole. Un travail colossal et pour le moins répétitif ! Dans ses corvées le gardien devait aussi repeindre chaque année la structure, à l’époque l’équipement sécuritaire était loin d’être dans les normes, c’est donc muni de son pinceau dans une main et l’autre tenant les bars de fer que notre courageux gardien s’afférait à la tâche ! Ils sont 7 à s’être succédé durant les 66 années de service du phare. Témoins de leur passage, on retrouve la maison du gardien proche du phare ainsi que d’autres bâtiments comme la maison de l’ingénieur.

phare pointe au pere

phare pointe au pere

phare pointe au pere

Le phare de Pointe-au-père est le deuxième plus haut au Canada avec 33 mètres, sa conception originale est depuis 1909 un repère visuel, une véritable identité pour les habitants. Aujourd’hui, complètement restauré, il nous rappelle combien l’histoire maritime québécoise a une place importante à Pointe-au-Père.

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Le sous-marin Onondaga

sous marin Rimouski

Onondaga

Ce véritable sous-marin de 90 mètre de long débuta ses missions en 1967 pendant la guerre froide. A la retraite en 2000 ce n’est que 8 ans plus tard qu’il s’installe à Pointe-au-père et c’est en 2009 qu’il ouvre ses portes au public. Il est donc possible depuis ce jour de le visiter, un audio-guide est fournit et c’est en compagnie de Gilles Malette, un sous-marinier à la retraite et de Gilles, son neveu, que vous découvrirez tous les détails de la vie à bord.

onondaga audio guide

Les couchages, les repas, les quarts de travail vous saurez absolument tout sur le quotidien difficile de l’équipage. Bien que le sous-marin n’ait jamais été engagé dans un conflit il ne faut pas oublier que ce dernier était un navire de guerre, c’est pourquoi au terme de la visite vous entrerez dans la salle des torpilles. Arme de guerre de 6 mètres de long pour 1.5 tonne, il valait mieux ne pas se retrouver en face de l’Onodaga en cas de problèmes ! Dans la salle de commandement on apprend que le sous-marinier en poste du contrôle du sonar pouvait deviner quel type de bateau ou quel animal était à proximité de l’Onondaga en écoutant les sons captés.

sous marin Rimouski

torpille sous marin

Trou de la torpille

cuisine sous marin

Cuisine pour les 60 membres d’équipage

La visite de 45 minutes est plus qu’instructive, elle nous plonge au cœur de la vie d’un sous-marinier, elle nous fait sentir tout petit face à ces hommes courageux qui s’engageaient pour la Marine Royale Canadienne. On parle bien d’hommes au sens premier puisque les femmes n’étaient pas admises à bord.

C’est une activité à faire sans hésiter d’autant plus que l’Onondaga est le seul sous-marin au Canada qui peut se visiter.

Le musée Empress of Ireland

Un point histoire s’impose tout d’abord, l’Empress of Ireland, paquebot mis en service en 1906 était un des plus prestigieux de sa catégorie. Il assurait le transport de marchandises et de passagers entre l’Angleterre et le Canada. le 14 mai 1914, le paquebot quitte le port de Québec pour sa 192ème traversée, arrivé proche des cotes de Pointe-au-père, le pilote spécialisé dans les eaux du Saint-Laurent quitte le navire afin que ce dernier poursuive sa route. Un autre navire, le Storstad, un charbonnier norvégien navigue non loin du paquebot, un épais brouillard s’installe comme c’est souvent le cas dans la région, les deux navires entrent alors en collision provoquant un trou énorme dans la coque de l’Empress of Ireland, il n’y a plus rien à faire, le navire coule en 14 minutes emportant avec lui 1012 personnes. On parla très peu de ce naufrage car l’événement concorde avec le début de la première guerre mondiale qui monopolisa alors l’attention du monde entier. On oublia alors la catastrophe pendant de nombreuses années jusqu’en 1974, date à laquelle des plongeurs retrouvent l’épave qui gît à 42 mètres de profondeur.

empress of ireland

Pour rendre hommage aux victimes et accomplir notre devoir de mémoire, le musée de l’Empress of Ireland a vu le jour sur le site de Pointe-au-père. Déjà à l’extérieur on y retrouve des vestiges du navire et un vibrant hommage aux victimes matérialisé par le nid de pie, les anneaux qui ornent l’escalier sont au nombre de 1012, représentant chacun une victime. A l’intérieur vous retrouverez plusieurs objets récupérés lors des plongées sur l’épave mais aussi de nombreuses bornes interactives pour en apprendre un peu plus sur l’histoire tragique de ce bâtiment marin.

empress

Un spectacle multimédia est aussi présenté pour revivre en images et en sensations le drame qui survient il y a une centaine d’années. Le naufrage de l’Empress of Ireland est le plus dramatique au Canada et il se classe en 3ème position mondiale des naufrages les plus importants du XXème siècle avec le Titanic en premier lieu suivi du Lusitania.

Finir en beauté…

Avec ses allures de bord de mer, il est inutile de vous dire que le site historique de la Pointe-au-Père est une activité incontournable lors de votre séjour dans le Bas-Saint-Laurent. Outre le fait d’y découvrir l’histoire du monde marin au Québec vous y trouverez une quiétude sans pareille puisque le site est au bord du fleuve. Nous vous conseillons d’ailleurs de terminer la visite par une ballade revigorante sur la plage. Echoués au bord de l’eau, bois flottés et coquillages sculptés par la mer font office de décor avec pour toile de fond les maisons colorées. La mer nous donne toujours cet effet instantané de bien être alors même si la promenade est courte elle est bénéfique au moral ! On vous laisse avec quelques photos qui viendront vous confirmer que ce petit coin de pays est à ne pas manquer…

pointe au pere

pointe au pere

pointe au pere

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Et vous, vous y allez quand ???

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